Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 00:41
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Tergiversations. Je me suis demandé : est-ce que j'évoque dans le texte même le délai grandissant qui s'étire entre chaque nouvel article, notamment jusqu'à celui-ci? Ou est-ce que je fais comme si de rien était, comme pour normaliser ledit délai? De la même manière : est-ce que j'essaie de trouver une sorte de fil conducteur factice qui me servirait de prétexte à relier les diverses bribes de sujets qui vont être abordées dans ce même article? Et justement : de quoi j'y parle? Qu'est-ce qui mérite d'être (mal)traité ce mois-ci? Et bordel : quel(s) morceau(x) choisir pour accompagner cette Foir'Fouille?

Quand j'y pense, c'est assez fou toute l'angoisse que je consacre à la recherche de la bande son parfaite pour illustrer chaque article alors que la plupart d'entre vous coupe la musique dès l'ouverture de la page.
Et oui, derrière cette apparent laissage en friche du blog, il y a l'effort d'un homme qui veut servir son public mais sans se forcer à pondre un article régulièrement, craignant une baisse de qualité.
Cela dit, j'ai beau attendre, l'inspiration n'arrive pas. La décidément sempiternelle routine qui s'est peu à peu emparée de ma vie handicappe dramatiquement la naissance de thèmes originaux. Cependant, le fidèle Liam étant en demande et mon besoin pathologique de plaire aux gens entrant en vigueur, il me faut donner au peuple ce qu'il veut.
Ainsi j'Interromps l'interlude introductif pour laisser le Ghost of Christmas Present vous narrer cette dernière tranche de vie de Bob de l'année, for your reading pleasure.

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Where did we left off...ah oui, le taf.
Que dire de plus? Je devrai limite me répéter une fois de plus histoire de vous appliquer de force la méthode Actor's Studio de manière à ce que le texte vous fasse ressentir la redondante monotonie de mon boulot au pays des chiffres.
Depuis fin Novembre et la grosse opération qu'organise chaque année l'assoc pour laquelle je bosse, ma tâche quotidienne se limite à de l'enregistrement de chèques, découpé en étapes rébarbatives et moults numéros.
Taper le numéro du contact dans le champ de recherche.
Cliquer sur le numéro de la promesse de don.
Taper le numéro du chèque dans le champ dédié.
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Oui c'est moi Le Prisonnier.
Et vlà-t'y pas que les vioques bénévoles, enfin juste Sale Pute, s'y remettent.
L'autre jour, j'ai dû réunir toute ma force, façon Genki Dama, pour me retenir de l'envoyer chier cette vieille connasse quand elle a osé me refaire une remarque.
Heureusement mon patron est une crème et n'en a que faire. De plus, grâce à l'inénarrable lenteur de nos ordinateurs et de notre connection internet, sans oublier mes chers grévistes, j'ai pu avoir recours à mes habituels stratagèmes de lycéen sécheur pour travailler depuis chez moi. C'est là que je me rends compte à quel point Zack Morris et Parker Lewis restent encore et toujours mes pères spirituels.

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A vrai dire, j'avais plus ou moins la vérité de mon côté vu que mon principal argument était que je descends plus vite les chèques de chez moi qu'au bureau vu que j'ai pas à répondre au téléphone, j'ai pas un site qui rame comme un enculé avec une minute pour charger chaque page, etc.
Enfin la vérité c'est que j'avance plus vite de chez moi vu que je peux mater la télé en même temps, ce qui me permet de distraire mon esprit alors que je m'adonne à une tâche aussi mécanique et donc de ne pas avoir envie de me FLINGUER D'ENNUI.
En quelques jours, j'ai ainsi torché près de 1 500 chèques, jonglant dans mes mains des sommes auxquelles j'accèderai pas avant longtemps, tout en tordant (pour la 156469e fois) 5 saisons de Friends.
Au départ, c'est passé vite. Sur la fin, j'ai commencé à saturer. Tandis que Ross et Rachel ont eu le temps de se mettre ensemble, de se quitter, de faire un enfant, d'emménager, de s'embrouiller, de se réconcilier, et tout ça, Robert continue de rentrer des chèques.
Et au bureau c'est encore pire. Au milieu des appels de gogols, j'essaie de trouver une organisation pour réguler ma procrastination en notant chaque tâche à accomplir sur un de ces fameux petits papiers adhésifs que je colle ensuite sur ma table. Je continue de repousser mais maintenant il m'est impossible d'oublier. Et évidemment, comme les petits carrés jaunes s'accumulent, c'est finalement plus opressant qu'autre chose.
De Postpone Man je suis passé à Post-it Man. Dès que la tâche est traitée, j'enlève le papier, je le froisse et je le jette. Chaque post-it qui disparaît de ma table devient alors une petite victoire personnelle. Tristesse de ma life.

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A l'inverse, les post-it qui s'accumulent sur le tableau Veleda dans ma chambre sont porteur d'une connotation autrement plus positive. Iconographie du scénariste powa.
Un post-it pour chaque séquence du film autobiographique que l'on n'a de cesse d'écrire et de réécrire. Autant de segments de ma vie de loser d'autrefois affichés là, devant mes yeux chaque jour.
Ca aussi, il est temps que ça passe à la vitesse supérieure. Les énièmes versions du traitement que l'on s'efforce de retoucher auront tôt fait d'avoir raison de ma patience. Les mêmes tournures de phrases que je trouvais jadis inventives dans leur qualité illustratoire d'une situation spécifique commencent à me sortir par les yeux.
Je crois que la pire des choses qui pourrait m'arriver aujourd'hui serait d'être gonflé par ce projet. Celui-là même qui représente l'une des rares choses concrètement constructives de ma vie en ce moment.

Je me demande si mon père, rentré d'Arménie comme chaque année en décembre, voit en moi un reflet de la personne qu'il était il y a encore 5 ans, lorsque lui aussi était un artiste enfermé dans le corps d'un salarié à l'âme rongée par un travail des plus rébarbatifs.
Moi en tout cas, je me souviens l'homme cassé qu'il était avant d'aller s'épanouir à 60 ans passés en renouant avec ses passions d'antan, flirtant avec le cinéma et mettant en scènes des pièces de théâtre, dans un pays en voie de développement de l'ex-Union Soviétique.
Je ne veux pas devenir cette ombre de moi-même et je ne veux pas attendre d'être un retraité pour accéder à mes rêves.
Aussi défaitiste puis-je être, depuis que ce projet a vu le jour et que son cheminement se fait sous de bons auspices, je n'ai pu m'empêcher, dans un de ces délires des plus narcissiques dont j'ai le secret, d'imaginer mon tremplin vers une célébrité soudaine, mes futures histoires de starfucker, et même mon aliénation mégalomaniaque inévitable comme si j'étais le héros d'une chanson de Daniel Balavoine.
If I had my way, Albert Speer et Leni Riefenstahl seraient les architectes de ma grandeur.

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N'ayant pas été visité par un Ghost of Christmas Yet to Come, je ne sais si c'est là ce que l'avenir me réserve.
Et pourtant ça aurait pu vu le Noël de Scrooge que j'ai passé, tout seul à la maison ou presque.
Comme expliqué autrefois, le rituel n'a pas grand cours au sein de ma famille d'athées arméniens qui se sont tout de même rendus chez des amis pour fêter la naissance du Christ, m'invitant à y aller avec eux. C'était sans compter sur ma misanthropie lancinante.
Vous avez déjà eu ce sentiment, avant de vous rendre à une soirée, qu'il ne faut pas y aller? Genre "je le sens pas, je sens que ça va me souler"? Et vous y allez quand même et une fois sur place, inéluctablement vous vous dites, "j'aurai dû suivre mon instinct"?
Bah moi j'ai suivi mon instinct. Et j'ai fait mon asocial. Et je me suis endormi à 20h.
Après deux heures d'une triste sieste en ce 24 décembre au soir, je fus rejoint par l'ami Sipan, puis par Damien, avec qui nous regardâmes l'indémodable Bêtiser de fin d'année. Joyeux Noël.

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L'autre jour, j'y ai cru un instant quand je fus surpris par l'incursion, venue de nulle part, d'un vieux standard de Noël chantonée par un vieux crooner que diffusait un vieux haut parleur planqué dans un arbre dans les rues de Joinville. Mais ça ne prit pas.
Cette année est je crois la première année où ma nostalgique appréciation du traditionnel esprit de Noël s'est totalement évaporée. Et comme si la mairie du XIe arrondissement l'avait senti, c'est la première année où mon cher boulevard Voltaire n'est pas décoré. Tout se perd.
Heureusement, mon Père Noël à moi est bien réel. Et cette année, avant même que j'aie pu le lui proposer, il me disait "je veux voir un film en 3D!", comme un petit garçon. Tout comme il me disait le lendemain, "je veux me manger un McDo!". Et quand je lui révélais, deux heures après qu'on a mangé nos Big Mac, que la bouffe du fast-food m'avait donné un mal de bide pas possible et m'avait fait vomir, il me répondait "moi aussi, le dis pas à maman!" suivi d'un petit rire infantile.
Peut-être est-ce parce que notre rapport se fait enfin sans conflit que mon père peut se permettre de se montrer non plus en tant que figure paternelle imposante de respect aux yeux de son fils, mais en tant que grand gamin.
Ainsi ai-je prévu de l'emmener voir Avatar en IMAX 3D, même si je me risque à l'un de ses "c'était quand même bien nul" de papa à l'issue de la projection.

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Pfff nan mais ça va bien en fait, je sais pas pourquoi je me plains.
Comme l'an passé, mon gentil patron m'a encore filé 10 jours de vacances gratos, pas comptabilisés ; outre mon père, mon cousin aussi, parti étudier à Montréal en août, est de retour pour les fêtes, et demain avec Sipan nous iront voler la culture au WH Smith. La boucle est bouclée.
Et depuis peu, je suis maqué. Quelqu'un que je peux caliner, quelqu'un qui peut me consoler.
Alors j'ai vraiment plus de raison de râler.
Il ne me reste plus qu'à arrêter de manger n'importe comment, de manière à éviter de finir comme Brittany Murphy, et je serai paré.
"Tu seras jamais heureux", me dit Liam. Happy to have and not to have not, comme dirait Public Image Ltd.
Effectivement, si les choses continuent d'aller aussi bien, je sais plus trop ce que je pourrai raconter.
J'attends impatiemment le jour où le blog que je tiendrai servira à rapporter le tournage de notre premier long métrage.
Du coup, ne vous étonnez pas si ce message est le dernier.

Et puis l'année d'après, je recommencerai.
Et puis l'année d'après, je recommencerai.

Par The Guardian of Forever
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /Nov /2009 03:37




"Tu veux faire quoi quand tu seras grand?"
C'était the question quand on était gamins, non?
Non j'ai jamais voulu être pompier, vétérinaire ou astronaute.
Par contre, je partage sans doute avec nombre de gens l'aspiration enfantine de devenir Indiana Jones.
Je sais pas si beaucoup d'entre nous avaient capté à l'époque que le métier d'archéologue n'avait finalement pas grand chose à voir avec les films de Steven Spielberg. Moi j'avais trouvé une feinte, je disais que quand je serai grand je voulais être "archéologue-explorateur".
C'était peut-être la première influence que mon geekisme alors naissant avait sur ma vie, même si elle n'a finalement pas abouti. Suite à une autre passion quasi-universelle - les dinosaures - j'ai aussi eu une phase "paléontologue".
Cependant, vu mon parcours académique, les carrières à suffixe en "-logue" allaient vite disparaître de mes ambitions...

"Et tu fais quoi dans la vie?"
C'est la question du moment. C'est la question du moment que je déteste.
Oui, certes, elle est avant tout assez inoffensive, juste une sorte de rempart à passer d'office à chaque nouvelle rencontre (même si tu ne reverras jamais la personne qui te la pose). Enfin, elle devient offensive lorsqu'elle est répétée une deuxième fois avec "nan mais en vrai" avant. Mais ça c'est généralement parce que t'as voulu te la jouer en citant ta vocation et non ton taf.
Moi du coup, je cherche pas à contourner la question et je dis la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, d'emblée, mais en inversant : je commence par le taf et je finis par ma vocation.
"Je bosse pour une association de bienfaisance qui récolte des fonds pour les envoyer en Arménie pour construire des routes, des écoles, des hôpitaux, etc. Techniquement, mon taf c'est 'agent administratif', ce qui veut tout et rien dire, en gros je fais du travail de bureau quoi. Et puis à côté j'écris un scénario avec des potes et on a trouvé des producteurs donc ça avance lentement mais sûrement."
Ca fait un an que je dis ça. Un an et un mois. Et donc où en es-t-on un an et un mois après ça?
La routine s'installe de plus en plus et tue mon âme. Lorsque le fidèle Liam me demande machinalement chaque jour au téléphone "comment ça va", je ne réponds pas de l'automatique "ça va" que l'on dit généralement tous, non je rétorque inlassablement d'un las "Tired".
Propulsé dans ce monde d'adultes, l'enfant Bob comprend alors pourquoi son père s'endormait tous les soirs devant la télé ou devant le film que son fils le "forçait" à mater, s'énervant dès qu'il voyait les paupières de Papa s'alourdir (je le fais toujours d'ailleurs).
J'ai l'impression que les libertés offertes par ce boulot s'amenuisent. Le nombre de films que je vois chaque année, relevant autrefois de la boulimie cinéphagique, chute à vue d'oeil. J'ai l'impression de ne jamais voir mes amis (eux aussi monopolisés par leurs emplois). Et même ma thune disparaît alors que je dépense rien.
Pour courronner le tout, le Communications Director s'est fait virer. Je ne regrette pas son absence si ce n'est pour la surenchère de travail qui échoue entre mes mains du coup, surtout qu'on entre dans la période surchargée de l'année mais bon...en bon Deputy Chief of Staff, je reste dévoué à mon Chief of Staff et je continue de servir at the pleasure of the President.

"When do we quit our day jobs?"
C'est la question que l'on ne cesse de se poser avec le fidèle Liam, employant - n'en déplaise aux non-anglophones de notre entourage-  une fois de plus une variation d'une expression anglo-saxone dont la formulation originale est à la base une vanne intimant à la personne visée de ne pas quitter son "vrai taf", sous-entendu ses aspirations "autres" (souvent artistiques) ne font pas preuve de suffisamment de talent.
Pour nous en l'occurrence, ce n'est pas tant une question de talent (genre), mais surtout de temps, les méandres du développement scénaristiques demandant évidemment bien des étapes (artistiquement pour le mieux, bien entendu) avant d'aboutir au stade symbolique de la signature des contrats et surtout au stade pratique du premier paiement.
Je dis bien pratique parce qu'il n'est en aucunement question de cupidité ici.
C'est pas l'argent qu'on veut, c'est pouvoir répondre "je suis scénariste" à la question du deuxième paragraphe.
C'est exercer son art et en vivre.

Et toi, tu veux faire quoi quand tu seras grand?
Par The Guardian of Forever
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 13:48


Now is the winter of my discontent.

Ne vous méprenez pas, comme maintes fois revendiqué, j'adore le froid. C'est un climat qui me sied, contrairement à beaucoup de gens. Quelle ne fut donc pas ma réjouissance en début de semaine en constant que l'air s'était refroidi et qu'il allait alors falloir ressortir mon bon vieux manteau.
Mais il a vieilli le manteau t'as vu.
Troué, déchiré, cousu, recousu, lourd et large, il ne me convient plus.
Une fois n'est pas coutume, j'ai donc voulu le remplacer et pour le moment, il ne fait pas encore assez froid pour justifier que j'enfilasse ma veste vintage à mouton achetée dans une friperie de Los Angeles.
Suite à cette dernière phrase, on pourrait me prêter quelque coquetterie, mais il n'en est rien. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis en aucun une fashionista (un fashionisto?) et que mon apparence, bien que je me souciasse un minimum, ne se veut pas des plus soignée.
Je n'ai aucun problème à porter une chemise froissée ou un gros sweat geek, et la mode n'a strictement aucune influence sur moi. Lisez mes lèvres : AU. CUNE.
Mais j'avais besoin d'un nouveau manteau étant donné que je porte le même depuis plusieurs années et je dois avouer ne pas choisir mes pardessus au hasard, qu'il s'agisse d'une veste estivale ou d'un blouson en cuir, c'est pourquoi hier, saisissant mon courage à deux mains, j'ai dû m'adonner à l'une des activités qui me hérissent le poil au plus haut point : le shopping.

Souviens-toi, l'été dernier, quand j'ai été faire du shopping "forcé" à LA, il me fallait une ou deux paires de jeans et des pompes. Ca a duré en tout et pour tout 20 minutes.
Je suis entré chez Anchor Blue, j'ai regardé la taille du fut que je portais à ce moment-là, et j'en ai pris deux nouveaux de la même taille avec la même coupe. Puis je suis passé chez Vans, j'ai regardé un moment les chaussures exposées, j'en ai trouvé qui me convenaient, simples, noires, unies, je les ai demandé en 44,5, je les ai acheté et je suis parti.
Malgré les conseils des amis m'accompagnant à regarder ceci, tenter cela, je n'ai rien essayé, je suis pas entré dans ne seule cabine, je me suis pas déchaussé, j'ai pas eu à parler à un seul employé. Je savais ce que je voulais, je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu.
This is how we do it.
Alors hier, sachant ce que je cherchais, j'ai jeté un coup d'oeil sur les sites internet ULTRA MAL FOUTUS du Printemps et des Galeries Lafayette, repérant alors le genre de manteau que je cherchais, vous savez, avec deux rangées de boutons et un côté du manteau qui se rabat sur l'autre? Ah ça a un nom spécial, ça s'appelle un caban? Un caban croisé? Ok.
Sur le coup, je me dis alors que j'ai bien fait de checker avant, plutôt que de m'afficher auprès d'un vendeur.
Because I hate them.

Ainsi me suis-je rendu aux Grands Magasins vers 17h30.
A peine arrivé, cet antre de la consommation a tôt fait de te réduire à ce que tu es : une vache. Une vache à lait parmi tant d'autres, perdue dans le bétail qui circule sur les 1m50 de trottoir infréquentable mis à ta disposition, cherchant à se frayer un chemin dans le magasin. Et tu passes d'une odeur insoutenable à l'autre, des marrons chauds aux parfums forts des rez-de-chaussée de ce genre de lieu de débauche.
Ensuite, tel un vrai galérien Lafayette, tu te paumes dans les dédales de rayons, homme, femme, mode d'emploi mal foutus, qu'est-ce qui est à quel étage, etc. D'escalator en escalator, tu cherches et là tu commences ta ronde, tu passes d'un stand de designer à un autre, les marques se suivent et se ressemblent, au même titre que les vendeurs, ces espèces de sales fouines.
Inimitables qu'ils sont avec leurs coiffures fashion, leurs fringues fashion, leurs gueules fashion et leurs regards fachos.
Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? Qu'est-ce que t'as à me suivre du regard comme ça? A me dévisager?
NON on est pas du même monde, et putain je m'en félicite. Le jour où je ferai partie du monde des nains avec cheveux qui brillent et col en V qui descend jusqu'au milieu du poitrail pour montrer un torse bombardé par les UV sous la pilosité glitter, je me tue. Va chier dans ton jean slim et me gonfle pas.
Si je choppe encore une tafiole qui me mate de haut comme si j'étais un pouilleux, je démonte le bras d'un de leurs mannequins en plastoc et je le fiste avec, ça lui fera les pieds. De la part du barbu en XXL, fils de pute.
Et les vendeuses, j'en parle même pas.
They are like ANIMALS. So I SLAUGHTERED them like animals.

Est-il possible d'ailleurs, in this day and age, de trouver quelque chose de simple?
Un manteau, pardon, un caban sans doublure de mauvais goût (il est temps de dire à Burberry's que les rayures noires et rouges sur fond crème c'est moche, ça a toujours été moche et ce sera toujours moche), sans fermetures éclair incongrues (non j'ai pas besoin d'une poche sans volume sur le nichon), sans rabats de poches pourris (ça sert à quoi ça d'ailleurs?), etc.
Et de la part de tous les mecs avec une carrure autre : messieurs les designers, il y a des tailles au-dessus d'XL hein.
Merci de les utiliser.
Il va sans dire que je n'ai rien trouvé. Too big, too small, size does matter after all. L'exemplaire repéré sur le net, je l'ai jamais vu en vrai. Et pourtant, j'ai tourné.
En moins d'une heure, je me suis souvenu pourquoi je ne faisais jamais ça, ça me rend agoraphobe et claustrophobe à la fois, étouffé par cette chaleur et tous ces vêtements et ce lino et ces marques et ces prix (680€ le paletot? Mais va niquer ta mère), rendu parano par mon propre complexe d'infériorité me poussant à l'homicide imaginaire, je deviens homophobe, misogyne, misanthrope.
Les Grands Magasins, c'est mon Event Horizon. Je rentre dedans, j'en ressors pas pareil. J'y reste trop longtemps, j'ai des envies de meurtre.
Liberate me ex inferis.
Je suis comme Mr. Vain, I know what I want and I want it now. Mode gamin, génération zapping, "tout, tout de suite" et tout, et si je le trouve pas, moi chuis l'genre de mec...qui pète les plombs. Jvoulais juste un caban croisé.
Deux heures perdues et Khan prend le dessus, comme ici.
I passed the test...I will diminish now...and remain Bob.


Par The Guardian of Forever
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 19:21


Non, tu fais d'abord tes devoirs, ensuite tu pourras regarder la télévision.
Maintenant, je regarde la télévision quand je veux t'as vu?
But I think something really fucked me up quand j'étais ptit, parce qu'aujourd'hui je me retrouve à regarder vraiment n'importe quoi des fois...à croire que le pouvoir de fascination poltergeistien de la lucarne sur moi n'a jamais réellement disparu même si, au fil du temps, j'ai appris à moins la regarder.
Est-ce une question de maturité ou tout simplement la déliquescence absolue de la programmation qui en est la cause?
A une époque, je regardais Nulle Part Ailleurs tous les jours. A présent, quand je tombe sur Le Grand Journal, j'ai l'impression de me prendre un mur de fake dans la gueule.
Non pas que ce fut-ce le pinnacle de l'authenticité sous De Caunes/Gildas (ou même Payet, Durand, Baffie, Dugeon!) mais je sais pas, je crois que le Net est venu absolument remplacer tous les autres médias à un moment dans ma vie.
Autrefois, j'achetais Première, Studio, Ciné Live, SFX, L'Ecran Fantastique, Mad Movies, et même Positif et les Cahiers parfois...aujourd'hui plus rien. Aujourd'hui c'est moi qui écrit. Des critiques. Des films (enfin on essaie).
Et même les séries, comme tout le monde, je les télécharge.

Mais alors que regarde-je actuellement?
TF1.
J'adore TF1.
J'adore la phrase de Lelay.
J'adore son cynisme.
Il y a une telle réalité dans son propos que je ne peux qu'être admirable devant tant de franchise.
Alors c'est pourquoi je regarde moults programmes de la chaîne, sans complexes, en assumant totalement parce que parfaitement conscient du produit.
J'assume à 4600% mon voyeurisme le plus moqueur lorsque le mardi soir une fois par mois je jubile devant la misère sociale à accent du nord ou du sud qui s'affiche dans Confessions intimes.
Quand je mate Pascal le grand frère, je VEUX que l'adolescent(e) rebelle soit le plus odieux possible, qu'il insulte ses parents, qu'il défie Pascal, que ça se fighte. J'en veux pour ma redevance!
Par contre, quand je mate Secret Story, j'aimerai que tout aille bien.


J'étais pas accro à Secret Story à la base.
En fait, comme pour globalement toutes les émissions de télé-réalité, au départ j'en ai rien à foutre. Mais les deux autres membres du Sushi Crew, eux, en sont fans, et du coup comme nous nous captons que les vendredi soirs, jour de la diffusion des prime, je me retrouve à les mater convivialement avec eux. Et la qualité addictive de cette merde m'aggrippe pour de bon...
Ainsi ai-je suivi partiellement plusieurs saisons de Star Academy...mais cette année, plus que jamais, plus que pour les deux saisons du Loft, survolées, plus que pour Nice People ou Les Colocs, négligés, plus que la Star Ac, la Nouvelle Star et tous ceux auquel je n'ai jamais accordé d'attention (La Ferme Célébrité, 1ère Compagnie, etc.), j'ai presque pas raté une quotidienne ni un prime de Secret Story 3.
Après avoir ignoré la saison 1 et suivi passivement la saison 2, il faut reconnaître un statut particulier à cette dernière année, sans doute la plus répugnante et attrayante des émissions de télé-réalité qu'il m'ait été donné de suivre.

Jamais n'avais-je vu TF1 aussi éhontément manipulateur, de la sélection des candidats (deux blacks effeminés mais pas gays dont l'un se déguise en FEMME, une meuf en PLASTIQUE avec des chihuahuas, une PUTE dans tous les sens du terme, une gitane vierge qui ne cherche qu'à être FUMEE, une SDF asocial, deux fils de MILLIONNAIRES, un playboy, deux pires ENNEMIES, une ex-FUGITIVE,  un mec qui prétend parler à DALIDA, et une belle ribambelle d'abrutis) aux missions qu'on leur donne (cf. durant la Guerre des Clans, le favoritisme d'une équipe plutôt que l'autre, et puis les chansons) en passant par la mise en scène (des candidats INEXISTANTS), ça me sidère, tout simplement.
Rarement ai-je eu pareilles envies de meurtres devant un programme TV. Mon sempiternel fantasme de "rentrer" dans un série pour balancer leurs quatre vérités aux protagonistes ne s'est jamais fait aussi fort que cet été. Jamais baffes ne se sont-elles plus perdues.

Je me rappelle encore à l'époque du tout premier Loft Story, lorsque les plus intellos essayaient de justifier leur addiction à l'émission par l'excuse du "je regarde pour l'expérience de laboratoire qui est faite sur ces rats-candidats".
Jamais cette explication n'a-t-elle était plus pertinente que pour Secret Story 3.
J'aime comme, en fin de compte, les vrais méchants ne sont pas ceux du cinéma, les mégalos de James Bond, les extra-terrestres ou quelconque tueur en série trop glamour.
En moins de 10 ans, j'ai vu deux tours s'effondrer de manière plus spectaculaire que dans n'importe quel blockbuster, j'ai vu un mec tout seul détourner 50 milliards de dollars, et quelques mecs dans un bureau jouer avec la vie d'une quinzaine d'individus pendant quelques mois.
Au sein de la maison des secrets, à l'issue de l'aventure, quatre couples se seront formés, trois auront été détruits, ça en sera venu aux mains, ça se ser afait des coups de putes, ça aura chialé, et le tout devant "la France entière", pour le plaisir d'icelle.
Quand je vois Sabrina confronté par téléphone à son mec qui utilise cette opportunité pour la larguer en LIVE, celle-ci qui REALISE l'ignominie de la production et leur fait savoir directement, au bord des larmes, je suis à la fois émoustillé, consterné, admiratif, indigné... Un maëlstrom d'émotion loin de tout manichéisme facile m'envahit. That's TF1.
La chaîne qui rentabilise sa candidate chaudasse en passant, durant la page de pub de la rediff de la quotidienne, un de ces spots "Tu veux parler à une coquine? Appelle le 08 bla bla bla" dont "l'actrice" n'est autre que...Cindy!

Parlons-en des pubs tiens.
Ma pub préférée en ce moment, c'est celle de la FFE. Check it out. Les mecs en roue libre mode cheap.
Les pubs pour les sonneries de téléphone m'épatent. Quand c'est un morceau d'actu, je comprends, mais quand c'est René la Taupe ou La Sonnerie du Pet, y a juste quelque chose qui me donne envie de foutre un virus sur le service en question, de façon à ce que chaque MEC FINI AU PIPI qui ose appeler pour se procurer lesdites sonneries se retrouve avec un portable plombé. Ou la Grippe A. [d'ailleurs quand tu lis cet article, rigole dans ton coude et lave-toi les mains après la lecture]


Non contents de m'agresser dans le métro, les Jonas Brothers prennent la confiance chez moi aussi. Tu comprends, ils vivent dans une ancienne caserne de pompiers!!  Moi qui espérait que, contrairement à l'autre pute redneck de Miley Cyrus/Hannah Montana, ce phénomène de branleurs avec leurs anneaux de pureté ne passerait pas l'Atlantique...ça me donne des envies païennes de vierges sacrifiés au bûcher.
Je réserve le même sort à ceux qui ont le culot d'utiliser la BO de Brokeback Mountain sur des pubs pour... Carrefour (le slogan "positif" est de retour et les pointes du logo ont été arrondies, yipee, c'est fraîcheur). Les mecs qu'ont pas de RACE (faut voir le ridicule achevé du spot).

Avant, je les zappais. A présent, j'y suis confronté. Je reste scotché devant.
C'est comme ça aussi que TF1 a réussi par trois fois à m'avoir en enquillant directement avec...Le Juste Prix...présenté par Lagaff'. AVEC LA MUSIQUE QUI ME RESTE DANS LA TÊTE PENDANT DES HEURES APRES!
I mean, what the FUCK? Comment ai-je pu me laisser HAPPER trois jours de suite par le plus BEAUF (de par ses candidats complètement hallucinants) des jeux télé? Sûrement un désir enfoui de revoir le Tyrolien de mon enfance...
Il est là le pouvoir de la idiot box sur votre humble et cher.
Celui-là même qui est incapable de ne pas allumer son poste lorsqu'il se cache et reste plus d'une demi-heure englué devant, alors qu'il crève de fatigue, à zapper sur ce bonheur pour insomniaque avide de saloperies irregardables qu'est la TNT.

Aaah la TNT.
Comment ferais-je sans W9 ou NT1 pour tomber sur Kickboxer IV avec Sasha Mitchell (Cody dans Notre belle famille, l'une des séries "tous les jours à 20h05 sur M6" avec lesquelles j'ai grandi) ou Kickboxer V avec Mark Dacascos (des carrières sont mortes ici, j'entends leurs cris)?



Comment ferais-je sans NRJ12 ou Virgin17 pour me taper des compiles improbables de clips de chansons françaises plus navrantes les unes que les autres (Coeur de Pirate? Sérieux? Renan Luce, Tom Frager? Pep's? FUCK PEP'S!)? Sérieux, l'autre jour on tombe sur cet enchaînement avec l'infidèle Liam, c'était parodique. Une caricature du faux folk de varièt' pourrave à la française.
Je ne parlerai même pas de Collectif Métissé, Bisso Na Bisso ou  Helmut Fritz et Les Vedettes (trop tendance, Les Vedettes, waouh).

Mais celles-ci ne sont rien comparées à TF1.
Faut dire que je regarde finalement pas beaucoup les autres chaînes. Un soir, je zappe sur France 2 et je tombe nez-à-nez avec une rediff de l'émission de Ruquier et quand je vois les deux Eric tabasser de leur puanteur des gens comme Lady GaGa ou Disiz la Peste, pour lesquels je n'ai pas non plus d'affection particulière, là pour le coup je trouve ça, cette pose frustrée et haineuse, mille fois plus gerbante que n'importe quelle magouille raccolleuse dela première chaîne.
Alors je me vautre avec joie tous les vendredi entre 20h45 et 00h25 devant la lucarne et je me fais des soirées Temps de Cerveau Disponible. TF1 c'est la vérité 25 fois par seconde. Au moins ils mentent pas sur la marchandise et en tant que consommateur, j'aime que si on me pisse dans la poche, on prétende pas qu'il pleut.


Par The Guardian of Forever
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 10:06

 


Jusqu'à hier soir, la première et la dernière fois que j'avais écouté un vinyle remonte à 20 ans, en 1989.
J'avais 6 ans et l'on m'avait offert le générique de la série animée Tortues Ninjas. Mes parents n'avaient pas de platine alors j'avais dû monter les quatre étages qui séparaient notre appartement de celui de mon oncle, à Créteil, pour écouter mon disque. Et voilà. That's it.
Je ne sais plus exactement quand mes parents ont fait l'achat d'une chaîne hi-fi comprenant un lecteur CD, mais même avant cela, j'étais déjà passé aux K7.  Dans mon super Walkman Auto-Reverse AIWA, j'écoutais Dangerous et la BO de Jurassic Park. Puis donc les CD, et même les MiniDisc, et évidement les MP3.

Alors qu'est-ce qui m'a poussé - moi qui, deux articles plus tôt, vantait les mérites de technologies dignes de la SF devenues accessibles - à vouloir me procurer une platine vinyle? Certes, ma nostalgie pathologique n'est plus à prouver mais comment pouvais-je être nostalgique d'une expérience que je n'avais jamais connu?
Peut-être est-ce la force d'un film comme Almost Famous, qui m'a toujours déprimé lorsque je compare ma vie à celle de son protagoniste, et son abattage d'une culture musicale dont je ne fus jamais contemporain mais qui a toujours résonné en moi? Peut-être cela remonte-t-il plus loin, à la collection de John Cusack dans High Fidelity?
Il va sans dire que l'objet en lui-même me fascinait. Ces grands albums carrés, ces pochettes dépliantes psychés, ces galettes d'un noir obsidien et de sillons creusés...
Et quand cet été, passant dans un magasin vintage de Los Angeles que connaissait l'ami Pansi, je le vis chopper The Dark Side of the Moon, Thriller et la BO de Jackie Brown pour 7$ le vinyle, je me sentis envieux.

Je mis ça sur le coup d'une vieille manifestation consumériste enfouie en moi, en proie à l'achat impulsif.
Mais il y a quelques jours, devant le triste spectacle d'un Good Morning England (le sous-Almost Famous) maté en divx, l'envie rejaillit en force. A l'issue du film, c'est décidé. Je ferai l'acquisition d'une platine vinyle, pour tutoyer cette époque qui m'est inconnue et qui visiblement m'obsède. Déjà en mai, à Cannes, je ressortais légèrement dégoûté du dernier Ang Lee, Hôtel Woodstock, dégoûté de ne pas avoir pu participer au célèbre concert.

Dans un premier temps, il est question que je récupère la vieille platine de la famille Dreyfus, mais après quelques questions, il s'avère que celle-ci a été jetée. J'entame alors mes recherches sur le web et parmi les quelques premiers résultats, je vois une platine au prix abordable et au look rétro...avant de lire la liste de spécificités suivantes :

- Radio AM/FM Digital
- 20 stations programmables
- Platine CD
- Lecteur K7
- Haut-Parleurs intégrés

Fuck that shit. Je ne veux pas d'un lecteur gadget multi-fonctions. Je vois ça et là des platines avec un port USB, "pour transformer ses vinyles en MP3!". Putain tout se perd.
Je parcours alors les comparateurs et les forums (j'en profite pour chopper quelques adresses de disquaires intéressantes) et mon choix s'arrête sur la Ion ITT USB-05.
Oui, elle a un port USB. J'y reviens plus bas.

Ainsi, mardi, je sors du taf chaud comme de la braise et, accompagné par Pansi, venu avec ses mêmes vinyles achetés à LA, je fuse à la Fnac pour l'acheter. Après les habituels déboires avec les génies employés aux Halles (personne à l'accueil du rayon, une quête de 10 minutes effectuée par une autre employée aura été nécessaire), je vais également jeter un coup d'oeil dans leur collection de vinyles au rayon rock.
Prêt à payer plein pot pour mes premières pistes, je casque inconsciemment et je choppe Queen II ainsi qu'un import israëlien [oh yeah] de A Night at the Opera de Queen.
J'emmène jusqu'à la caisse mais je finis par laisser Paranoid de Black Sabbath pour plus tard.
Mais le disque avec lequel je tenais à étrenner ma platine n'était pas disponible à la Fnac. Il m'aura fallu aller jusqu'à Monster Melodies, rue des Déchargeurs [oh yeah bis], pour obtenir Wish You Were Here.

Arrivés chez moi, nous sommes rejoint par Dreyfus, venu avec une sélection maison piochée dans les quelques 500 vinyles familiaux, de Rumours de Fleetwood Mac à Led Zeppelin III en passant par Who's Next et, évidemment, Tommy.
Je réalise que je ne souhaite pas écouter de vinyles sortis après la "mort" du vinyle, pour ne pas dénaturer cette expérience de voyage dans le temps.
Mais avant toute chose, il faut monter le bouzin.
Je me lance alors dans l'aventure de l'installation faite de bric et de broc, récupérant un ampli vieux de dix ans dans le salon et les enceintes de mon défunt Home Cinema et allant jusqu'à dévisser et trafiquer et revisser la fiche de l'ampli ou à déraciner et dénuder et reconnecter les fils des enceintes, alors que jusqu'hier, le bricolage et moi, ça faisait 12 et j'appelais généralement Papa à la rescousse...marrant comme un retour en arrière dans le temps m'aura servi à évoluer vers l'avant [ouaiiiis, je sais me servir de mes mains maintenant youpi chuis un grand garçon].

Et lorsque tout est fin prêt...on y va...mode PUCEAU du vinyle...aïe aïe aïe comment ça marche attends...j'en ai jamais utilisé une de platine vinyle moi...ok le bras comme ça...ok le disque part tout seul...chopper le bord du dique, la partie lisse...on lance...et là...rien ne se passe. Comme si la fille me demandait "t'es bien à l'intérieur là?".
Du souffle, un son tout faible...what the fuck? C'est pas comme ça que je comptais m'écouter Shine On You Crazy Diamond...
Non, ce n'est pas un problème d'entrées phono, mon ampli en a et de toute façon j'en ai pas besoin, la platine a un pré-ampli intégré. Une demi-heure et maints essais plus tard (un véritable Rubik's Cube de branchages de câble une fois là, après là, puis là, TA RACE), je décide d'arrêter de faire la standardiste...j'utilise le port USB.
[Ah je vous avais dit qu'on y reviendrait!]
J'eus raison de ravaler ma fierté. Parce qu'en dépit du recours à une technologie moderne, l'expérience n'en fut pas moins authentique.

Le crépitement reconnaissable entre mille du son vinyle instaure d'entrée l'ambiance...je sais pas ce qu'il y a dans ce craquèlement qui évoque d'emblée tant de chose, renvoyant tout de suite à une image, une atmosphère passée...
Je n'ai pas une oreille suffisamment entraînée et encore moins l'installation nécessaire pour pouvoir dire que le son enterre celui d'un CD ou d'un MP3 mais l'effet Placebo provoqué par ce crépitement et par l'expérience physique, la méticulosité avec laquelle il faut manier le vinyle, le poser, le lancer, achèvent de rendre cette écoute infiniment plus puissante que celle de n'importe quel CD ou DVD Audio.
A Pink Floyd succèdent Baba O'Riley, Immigrant Song, The Brothers Johnson et les Delfonics, avant que je ne termine cette première session, seul, sur Queen et l'enchaînement fabuleux de Father to Son et White Queen (As It Began).
Et au moment même où j'écris ces lignes, je souhaite moi aussi au diamant fou de ma platine de briller longtemps...



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