Dimanche 1 novembre 2009




"Tu veux faire quoi quand tu seras grand?"
C'était the question quand on était gamins, non?
Non j'ai jamais voulu être pompier, vétérinaire ou astronaute.
Par contre, je partage sans doute avec nombre de gens l'aspiration enfantine de devenir Indiana Jones.
Je sais pas si beaucoup d'entre nous avaient capté à l'époque que le métier d'archéologue n'avait finalement pas grand chose à voir avec les films de Steven Spielberg. Moi j'avais trouvé une feinte, je disais que quand je serai grand je voulais être "archéologue-explorateur".
C'était peut-être la première influence que mon geekisme alors naissant avait sur ma vie, même si elle n'a finalement pas abouti. Suite à une autre passion quasi-universelle - les dinosaures - j'ai aussi eu une phase "paléontologue".
Cependant, vu mon parcours académique, les carrières à suffixe en "-logue" allaient vite disparaître de mes ambitions...

"Et tu fais quoi dans la vie?"
C'est la question du moment. C'est la question du moment que je déteste.
Oui, certes, elle est avant tout assez inoffensive, juste une sorte de rempart à passer d'office à chaque nouvelle rencontre (même si tu ne reverras jamais la personne qui te la pose). Enfin, elle devient offensive lorsqu'elle est répétée une deuxième fois avec "nan mais en vrai" avant. Mais ça c'est généralement parce que t'as voulu te la jouer en citant ta vocation et non ton taf.
Moi du coup, je cherche pas à contourner la question et je dis la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, d'emblée, mais en inversant : je commence par le taf et je finis par ma vocation.
"Je bosse pour une association de bienfaisance qui récolte des fonds pour les envoyer en Arménie pour construire des routes, des écoles, des hôpitaux, etc. Techniquement, mon taf c'est 'agent administratif', ce qui veut tout et rien dire, en gros je fais du travail de bureau quoi. Et puis à côté j'écris un scénario avec des potes et on a trouvé des producteurs donc ça avance lentement mais sûrement."
Ca fait un an que je dis ça. Un an et un mois. Et donc où en es-t-on un an et un mois après ça?
La routine s'installe de plus en plus et tue mon âme. Lorsque le fidèle Liam me demande machinalement chaque jour au téléphone "comment ça va", je ne réponds pas de l'automatique "ça va" que l'on dit généralement tous, non je rétorque inlassablement d'un las "Tired".
Propulsé dans ce monde d'adultes, l'enfant Bob comprend alors pourquoi son père s'endormait tous les soirs devant la télé ou devant le film que son fils le "forçait" à mater, s'énervant dès qu'il voyait les paupières de Papa s'alourdir (je le fais toujours d'ailleurs).
J'ai l'impression que les libertés offertes par ce boulot s'amenuisent. Le nombre de films que je vois chaque année, relevant autrefois de la boulimie cinéphagique, chute à vue d'oeil. J'ai l'impression de ne jamais voir mes amis (eux aussi monopolisés par leurs emplois). Et même ma thune disparaît alors que je dépense rien.
Pour courronner le tout, le Communications Director s'est fait virer. Je ne regrette pas son absence si ce n'est pour la surenchère de travail qui échoue entre mes mains du coup, surtout qu'on entre dans la période surchargée de l'année mais bon...en bon Deputy Chief of Staff, je reste dévoué à mon Chief of Staff et je continue de servir at the pleasure of the President.

"When do we quit our day jobs?"
C'est la question que l'on ne cesse de se poser avec le fidèle Liam, employant - n'en déplaise aux non-anglophones de notre entourage-  une fois de plus une variation d'une expression anglo-saxone dont la formulation originale est à la base une vanne intimant à la personne visée de ne pas quitter son "vrai taf", sous-entendu ses aspirations "autres" (souvent artistiques) ne font pas preuve de suffisamment de talent.
Pour nous en l'occurrence, ce n'est pas tant une question de talent (genre), mais surtout de temps, les méandres du développement scénaristiques demandant évidemment bien des étapes (artistiquement pour le mieux, bien entendu) avant d'aboutir au stade symbolique de la signature des contrats et surtout au stade pratique du premier paiement.
Je dis bien pratique parce qu'il n'est en aucunement question de cupidité ici.
C'est pas l'argent qu'on veut, c'est pouvoir répondre "je suis scénariste" à la question du deuxième paragraphe.
C'est exercer son art et en vivre.

Et toi, tu veux faire quoi quand tu seras grand?
Par The Guardian of Forever
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Mercredi 14 octobre 2009


Now is the winter of my discontent.

Ne vous méprenez pas, comme maintes fois revendiqué, j'adore le froid. C'est un climat qui me sied, contrairement à beaucoup de gens. Quelle ne fut donc pas ma réjouissance en début de semaine en constant que l'air s'était refroidi et qu'il allait alors falloir ressortir mon bon vieux manteau.
Mais il a vieilli le manteau t'as vu.
Troué, déchiré, cousu, recousu, lourd et large, il ne me convient plus.
Une fois n'est pas coutume, j'ai donc voulu le remplacer et pour le moment, il ne fait pas encore assez froid pour justifier que j'enfilasse ma veste vintage à mouton achetée dans une friperie de Los Angeles.
Suite à cette dernière phrase, on pourrait me prêter quelque coquetterie, mais il n'en est rien. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis en aucun une fashionista (un fashionisto?) et que mon apparence, bien que je me souciasse un minimum, ne se veut pas des plus soignée.
Je n'ai aucun problème à porter une chemise froissée ou un gros sweat geek, et la mode n'a strictement aucune influence sur moi. Lisez mes lèvres : AU. CUNE.
Mais j'avais besoin d'un nouveau manteau étant donné que je porte le même depuis plusieurs années et je dois avouer ne pas choisir mes pardessus au hasard, qu'il s'agisse d'une veste estivale ou d'un blouson en cuir, c'est pourquoi hier, saisissant mon courage à deux mains, j'ai dû m'adonner à l'une des activités qui me hérissent le poil au plus haut point : le shopping.

Souviens-toi, l'été dernier, quand j'ai été faire du shopping "forcé" à LA, il me fallait une ou deux paires de jeans et des pompes. Ca a duré en tout et pour tout 20 minutes.
Je suis entré chez Anchor Blue, j'ai regardé la taille du fut que je portais à ce moment-là, et j'en ai pris deux nouveaux de la même taille avec la même coupe. Puis je suis passé chez Vans, j'ai regardé un moment les chaussures exposées, j'en ai trouvé qui me convenaient, simples, noires, unies, je les ai demandé en 44,5, je les ai acheté et je suis parti.
Malgré les conseils des amis m'accompagnant à regarder ceci, tenter cela, je n'ai rien essayé, je suis pas entré dans ne seule cabine, je me suis pas déchaussé, j'ai pas eu à parler à un seul employé. Je savais ce que je voulais, je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu.
This is how we do it.
Alors hier, sachant ce que je cherchais, j'ai jeté un coup d'oeil sur les sites internet ULTRA MAL FOUTUS du Printemps et des Galeries Lafayette, repérant alors le genre de manteau que je cherchais, vous savez, avec deux rangées de boutons et un côté du manteau qui se rabat sur l'autre? Ah ça a un nom spécial, ça s'appelle un caban? Un caban croisé? Ok.
Sur le coup, je me dis alors que j'ai bien fait de checker avant, plutôt que de m'afficher auprès d'un vendeur.
Because I hate them.

Ainsi me suis-je rendu aux Grands Magasins vers 17h30.
A peine arrivé, cet antre de la consommation a tôt fait de te réduire à ce que tu es : une vache. Une vache à lait parmi tant d'autres, perdue dans le bétail qui circule sur les 1m50 de trottoir infréquentable mis à ta disposition, cherchant à se frayer un chemin dans le magasin. Et tu passes d'une odeur insoutenable à l'autre, des marrons chauds aux parfums forts des rez-de-chaussée de ce genre de lieu de débauche.
Ensuite, tel un vrai galérien Lafayette, tu te paumes dans les dédales de rayons, homme, femme, mode d'emploi mal foutus, qu'est-ce qui est à quel étage, etc. D'escalator en escalator, tu cherches et là tu commences ta ronde, tu passes d'un stand de designer à un autre, les marques se suivent et se ressemblent, au même titre que les vendeurs, ces espèces de sales fouines.
Inimitables qu'ils sont avec leurs coiffures fashion, leurs fringues fashion, leurs gueules fashion et leurs regards fachos.
Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? Qu'est-ce que t'as à me suivre du regard comme ça? A me dévisager?
NON on est pas du même monde, et putain je m'en félicite. Le jour où je ferai partie du monde des nains avec cheveux qui brillent et col en V qui descend jusqu'au milieu du poitrail pour montrer un torse bombardé par les UV sous la pilosité glitter, je me tue. Va chier dans ton jean slim et me gonfle pas.
Si je choppe encore une tafiole qui me mate de haut comme si j'étais un pouilleux, je démonte le bras d'un de leurs mannequins en plastoc et je le fiste avec, ça lui fera les pieds. De la part du barbu en XXL, fils de pute.
Et les vendeuses, j'en parle même pas.
They are like ANIMALS. So I SLAUGHTERED them like animals.

Est-il possible d'ailleurs, in this day and age, de trouver quelque chose de simple?
Un manteau, pardon, un caban sans doublure de mauvais goût (il est temps de dire à Burberry's que les rayures noires et rouges sur fond crème c'est moche, ça a toujours été moche et ce sera toujours moche), sans fermetures éclair incongrues (non j'ai pas besoin d'une poche sans volume sur le nichon), sans rabats de poches pourris (ça sert à quoi ça d'ailleurs?), etc.
Et de la part de tous les mecs avec une carrure autre : messieurs les designers, il y a des tailles au-dessus d'XL hein.
Merci de les utiliser.
Il va sans dire que je n'ai rien trouvé. Too big, too small, size does matter after all. L'exemplaire repéré sur le net, je l'ai jamais vu en vrai. Et pourtant, j'ai tourné.
En moins d'une heure, je me suis souvenu pourquoi je ne faisais jamais ça, ça me rend agoraphobe et claustrophobe à la fois, étouffé par cette chaleur et tous ces vêtements et ce lino et ces marques et ces prix (680€ le paletot? Mais va niquer ta mère), rendu parano par mon propre complexe d'infériorité me poussant à l'homicide imaginaire, je deviens homophobe, misogyne, misanthrope.
Les Grands Magasins, c'est mon Event Horizon. Je rentre dedans, j'en ressors pas pareil. J'y reste trop longtemps, j'ai des envies de meurtre.
Liberate me ex inferis.
Je suis comme Mr. Vain, I know what I want and I want it now. Mode gamin, génération zapping, "tout, tout de suite" et tout, et si je le trouve pas, moi chuis l'genre de mec...qui pète les plombs. Jvoulais juste un caban croisé.
Deux heures perdues et Khan prend le dessus, comme ici.
I passed the test...I will diminish now...and remain Bob.


Par The Guardian of Forever
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Mercredi 9 septembre 2009


Non, tu fais d'abord tes devoirs, ensuite tu pourras regarder la télévision.
Maintenant, je regarde la télévision quand je veux t'as vu?
But I think something really fucked me up quand j'étais ptit, parce qu'aujourd'hui je me retrouve à regarder vraiment n'importe quoi des fois...à croire que le pouvoir de fascination poltergeistien de la lucarne sur moi n'a jamais réellement disparu même si, au fil du temps, j'ai appris à moins la regarder.
Est-ce une question de maturité ou tout simplement la déliquescence absolue de la programmation qui en est la cause?
A une époque, je regardais Nulle Part Ailleurs tous les jours. A présent, quand je tombe sur Le Grand Journal, j'ai l'impression de me prendre un mur de fake dans la gueule.
Non pas que ce fut-ce le pinnacle de l'authenticité sous De Caunes/Gildas (ou même Payet, Durand, Baffie, Dugeon!) mais je sais pas, je crois que le Net est venu absolument remplacer tous les autres médias à un moment dans ma vie.
Autrefois, j'achetais Première, Studio, Ciné Live, SFX, L'Ecran Fantastique, Mad Movies, et même Positif et les Cahiers parfois...aujourd'hui plus rien. Aujourd'hui c'est moi qui écrit. Des critiques. Des films (enfin on essaie).
Et même les séries, comme tout le monde, je les télécharge.

Mais alors que regarde-je actuellement?
TF1.
J'adore TF1.
J'adore la phrase de Lelay.
J'adore son cynisme.
Il y a une telle réalité dans son propos que je ne peux qu'être admirable devant tant de franchise.
Alors c'est pourquoi je regarde moults programmes de la chaîne, sans complexes, en assumant totalement parce que parfaitement conscient du produit.
J'assume à 4600% mon voyeurisme le plus moqueur lorsque le mardi soir une fois par mois je jubile devant la misère sociale à accent du nord ou du sud qui s'affiche dans Confessions intimes.
Quand je mate Pascal le grand frère, je VEUX que l'adolescent(e) rebelle soit le plus odieux possible, qu'il insulte ses parents, qu'il défie Pascal, que ça se fighte. J'en veux pour ma redevance!
Par contre, quand je mate Secret Story, j'aimerai que tout aille bien.


J'étais pas accro à Secret Story à la base.
En fait, comme pour globalement toutes les émissions de télé-réalité, au départ j'en ai rien à foutre. Mais les deux autres membres du Sushi Crew, eux, en sont fans, et du coup comme nous nous captons que les vendredi soirs, jour de la diffusion des prime, je me retrouve à les mater convivialement avec eux. Et la qualité addictive de cette merde m'aggrippe pour de bon...
Ainsi ai-je suivi partiellement plusieurs saisons de Star Academy...mais cette année, plus que jamais, plus que pour les deux saisons du Loft, survolées, plus que pour Nice People ou Les Colocs, négligés, plus que la Star Ac, la Nouvelle Star et tous ceux auquel je n'ai jamais accordé d'attention (La Ferme Célébrité, 1ère Compagnie, etc.), j'ai presque pas raté une quotidienne ni un prime de Secret Story 3.
Après avoir ignoré la saison 1 et suivi passivement la saison 2, il faut reconnaître un statut particulier à cette dernière année, sans doute la plus répugnante et attrayante des émissions de télé-réalité qu'il m'ait été donné de suivre.

Jamais n'avais-je vu TF1 aussi éhontément manipulateur, de la sélection des candidats (deux blacks effeminés mais pas gays dont l'un se déguise en FEMME, une meuf en PLASTIQUE avec des chihuahuas, une PUTE dans tous les sens du terme, une gitane vierge qui ne cherche qu'à être FUMEE, une SDF asocial, deux fils de MILLIONNAIRES, un playboy, deux pires ENNEMIES, une ex-FUGITIVE,  un mec qui prétend parler à DALIDA, et une belle ribambelle d'abrutis) aux missions qu'on leur donne (cf. durant la Guerre des Clans, le favoritisme d'une équipe plutôt que l'autre, et puis les chansons) en passant par la mise en scène (des candidats INEXISTANTS), ça me sidère, tout simplement.
Rarement ai-je eu pareilles envies de meurtres devant un programme TV. Mon sempiternel fantasme de "rentrer" dans un série pour balancer leurs quatre vérités aux protagonistes ne s'est jamais fait aussi fort que cet été. Jamais baffes ne se sont-elles plus perdues.

Je me rappelle encore à l'époque du tout premier Loft Story, lorsque les plus intellos essayaient de justifier leur addiction à l'émission par l'excuse du "je regarde pour l'expérience de laboratoire qui est faite sur ces rats-candidats".
Jamais cette explication n'a-t-elle était plus pertinente que pour Secret Story 3.
J'aime comme, en fin de compte, les vrais méchants ne sont pas ceux du cinéma, les mégalos de James Bond, les extra-terrestres ou quelconque tueur en série trop glamour.
En moins de 10 ans, j'ai vu deux tours s'effondrer de manière plus spectaculaire que dans n'importe quel blockbuster, j'ai vu un mec tout seul détourner 50 milliards de dollars, et quelques mecs dans un bureau jouer avec la vie d'une quinzaine d'individus pendant quelques mois.
Au sein de la maison des secrets, à l'issue de l'aventure, quatre couples se seront formés, trois auront été détruits, ça en sera venu aux mains, ça se ser afait des coups de putes, ça aura chialé, et le tout devant "la France entière", pour le plaisir d'icelle.
Quand je vois Sabrina confronté par téléphone à son mec qui utilise cette opportunité pour la larguer en LIVE, celle-ci qui REALISE l'ignominie de la production et leur fait savoir directement, au bord des larmes, je suis à la fois émoustillé, consterné, admiratif, indigné... Un maëlstrom d'émotion loin de tout manichéisme facile m'envahit. That's TF1.
La chaîne qui rentabilise sa candidate chaudasse en passant, durant la page de pub de la rediff de la quotidienne, un de ces spots "Tu veux parler à une coquine? Appelle le 08 bla bla bla" dont "l'actrice" n'est autre que...Cindy!

Parlons-en des pubs tiens.
Ma pub préférée en ce moment, c'est celle de la FFE. Check it out. Les mecs en roue libre mode cheap.
Les pubs pour les sonneries de téléphone m'épatent. Quand c'est un morceau d'actu, je comprends, mais quand c'est René la Taupe ou La Sonnerie du Pet, y a juste quelque chose qui me donne envie de foutre un virus sur le service en question, de façon à ce que chaque MEC FINI AU PIPI qui ose appeler pour se procurer lesdites sonneries se retrouve avec un portable plombé. Ou la Grippe A. [d'ailleurs quand tu lis cet article, rigole dans ton coude et lave-toi les mains après la lecture]


Non contents de m'agresser dans le métro, les Jonas Brothers prennent la confiance chez moi aussi. Tu comprends, ils vivent dans une ancienne caserne de pompiers!!  Moi qui espérait que, contrairement à l'autre pute redneck de Miley Cyrus/Hannah Montana, ce phénomène de branleurs avec leurs anneaux de pureté ne passerait pas l'Atlantique...ça me donne des envies païennes de vierges sacrifiés au bûcher.
Je réserve le même sort à ceux qui ont le culot d'utiliser la BO de Brokeback Mountain sur des pubs pour... Carrefour (le slogan "positif" est de retour et les pointes du logo ont été arrondies, yipee, c'est fraîcheur). Les mecs qu'ont pas de RACE (faut voir le ridicule achevé du spot).

Avant, je les zappais. A présent, j'y suis confronté. Je reste scotché devant.
C'est comme ça aussi que TF1 a réussi par trois fois à m'avoir en enquillant directement avec...Le Juste Prix...présenté par Lagaff'. AVEC LA MUSIQUE QUI ME RESTE DANS LA TÊTE PENDANT DES HEURES APRES!
I mean, what the FUCK? Comment ai-je pu me laisser HAPPER trois jours de suite par le plus BEAUF (de par ses candidats complètement hallucinants) des jeux télé? Sûrement un désir enfoui de revoir le Tyrolien de mon enfance...
Il est là le pouvoir de la idiot box sur votre humble et cher.
Celui-là même qui est incapable de ne pas allumer son poste lorsqu'il se cache et reste plus d'une demi-heure englué devant, alors qu'il crève de fatigue, à zapper sur ce bonheur pour insomniaque avide de saloperies irregardables qu'est la TNT.

Aaah la TNT.
Comment ferais-je sans W9 ou NT1 pour tomber sur Kickboxer IV avec Sasha Mitchell (Cody dans Notre belle famille, l'une des séries "tous les jours à 20h05 sur M6" avec lesquelles j'ai grandi) ou Kickboxer V avec Mark Dacascos (des carrières sont mortes ici, j'entends leurs cris)?



Comment ferais-je sans NRJ12 ou Virgin17 pour me taper des compiles improbables de clips de chansons françaises plus navrantes les unes que les autres (Coeur de Pirate? Sérieux? Renan Luce, Tom Frager? Pep's? FUCK PEP'S!)? Sérieux, l'autre jour on tombe sur cet enchaînement avec l'infidèle Liam, c'était parodique. Une caricature du faux folk de varièt' pourrave à la française.
Je ne parlerai même pas de Collectif Métissé, Bisso Na Bisso ou  Helmut Fritz et Les Vedettes (trop tendance, Les Vedettes, waouh).

Mais celles-ci ne sont rien comparées à TF1.
Faut dire que je regarde finalement pas beaucoup les autres chaînes. Un soir, je zappe sur France 2 et je tombe nez-à-nez avec une rediff de l'émission de Ruquier et quand je vois les deux Eric tabasser de leur puanteur des gens comme Lady GaGa ou Disiz la Peste, pour lesquels je n'ai pas non plus d'affection particulière, là pour le coup je trouve ça, cette pose frustrée et haineuse, mille fois plus gerbante que n'importe quelle magouille raccolleuse dela première chaîne.
Alors je me vautre avec joie tous les vendredi entre 20h45 et 00h25 devant la lucarne et je me fais des soirées Temps de Cerveau Disponible. TF1 c'est la vérité 25 fois par seconde. Au moins ils mentent pas sur la marchandise et en tant que consommateur, j'aime que si on me pisse dans la poche, on prétende pas qu'il pleut.


Par The Guardian of Forever
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Mardi 1 septembre 2009

 


Jusqu'à hier soir, la première et la dernière fois que j'avais écouté un vinyle remonte à 20 ans, en 1989.
J'avais 6 ans et l'on m'avait offert le générique de la série animée Tortues Ninjas. Mes parents n'avaient pas de platine alors j'avais dû monter les quatre étages qui séparaient notre appartement de celui de mon oncle, à Créteil, pour écouter mon disque. Et voilà. That's it.
Je ne sais plus exactement quand mes parents ont fait l'achat d'une chaîne hi-fi comprenant un lecteur CD, mais même avant cela, j'étais déjà passé aux K7.  Dans mon super Walkman Auto-Reverse AIWA, j'écoutais Dangerous et la BO de Jurassic Park. Puis donc les CD, et même les MiniDisc, et évidement les MP3.

Alors qu'est-ce qui m'a poussé - moi qui, deux articles plus tôt, vantait les mérites de technologies dignes de la SF devenues accessibles - à vouloir me procurer une platine vinyle? Certes, ma nostalgie pathologique n'est plus à prouver mais comment pouvais-je être nostalgique d'une expérience que je n'avais jamais connu?
Peut-être est-ce la force d'un film comme Almost Famous, qui m'a toujours déprimé lorsque je compare ma vie à celle de son protagoniste, et son abattage d'une culture musicale dont je ne fus jamais contemporain mais qui a toujours résonné en moi? Peut-être cela remonte-t-il plus loin, à la collection de John Cusack dans High Fidelity?
Il va sans dire que l'objet en lui-même me fascinait. Ces grands albums carrés, ces pochettes dépliantes psychés, ces galettes d'un noir obsidien et de sillons creusés...
Et quand cet été, passant dans un magasin vintage de Los Angeles que connaissait l'ami Pansi, je le vis chopper The Dark Side of the Moon, Thriller et la BO de Jackie Brown pour 7$ le vinyle, je me sentis envieux.

Je mis ça sur le coup d'une vieille manifestation consumériste enfouie en moi, en proie à l'achat impulsif.
Mais il y a quelques jours, devant le triste spectacle d'un Good Morning England (le sous-Almost Famous) maté en divx, l'envie rejaillit en force. A l'issue du film, c'est décidé. Je ferai l'acquisition d'une platine vinyle, pour tutoyer cette époque qui m'est inconnue et qui visiblement m'obsède. Déjà en mai, à Cannes, je ressortais légèrement dégoûté du dernier Ang Lee, Hôtel Woodstock, dégoûté de ne pas avoir pu participer au célèbre concert.

Dans un premier temps, il est question que je récupère la vieille platine de la famille Dreyfus, mais après quelques questions, il s'avère que celle-ci a été jetée. J'entame alors mes recherches sur le web et parmi les quelques premiers résultats, je vois une platine au prix abordable et au look rétro...avant de lire la liste de spécificités suivantes :

- Radio AM/FM Digital
- 20 stations programmables
- Platine CD
- Lecteur K7
- Haut-Parleurs intégrés

Fuck that shit. Je ne veux pas d'un lecteur gadget multi-fonctions. Je vois ça et là des platines avec un port USB, "pour transformer ses vinyles en MP3!". Putain tout se perd.
Je parcours alors les comparateurs et les forums (j'en profite pour chopper quelques adresses de disquaires intéressantes) et mon choix s'arrête sur la Ion ITT USB-05.
Oui, elle a un port USB. J'y reviens plus bas.

Ainsi, mardi, je sors du taf chaud comme de la braise et, accompagné par Pansi, venu avec ses mêmes vinyles achetés à LA, je fuse à la Fnac pour l'acheter. Après les habituels déboires avec les génies employés aux Halles (personne à l'accueil du rayon, une quête de 10 minutes effectuée par une autre employée aura été nécessaire), je vais également jeter un coup d'oeil dans leur collection de vinyles au rayon rock.
Prêt à payer plein pot pour mes premières pistes, je casque inconsciemment et je choppe Queen II ainsi qu'un import israëlien [oh yeah] de A Night at the Opera de Queen.
J'emmène jusqu'à la caisse mais je finis par laisser Paranoid de Black Sabbath pour plus tard.
Mais le disque avec lequel je tenais à étrenner ma platine n'était pas disponible à la Fnac. Il m'aura fallu aller jusqu'à Monster Melodies, rue des Déchargeurs [oh yeah bis], pour obtenir Wish You Were Here.

Arrivés chez moi, nous sommes rejoint par Dreyfus, venu avec une sélection maison piochée dans les quelques 500 vinyles familiaux, de Rumours de Fleetwood Mac à Led Zeppelin III en passant par Who's Next et, évidemment, Tommy.
Je réalise que je ne souhaite pas écouter de vinyles sortis après la "mort" du vinyle, pour ne pas dénaturer cette expérience de voyage dans le temps.
Mais avant toute chose, il faut monter le bouzin.
Je me lance alors dans l'aventure de l'installation faite de bric et de broc, récupérant un ampli vieux de dix ans dans le salon et les enceintes de mon défunt Home Cinema et allant jusqu'à dévisser et trafiquer et revisser la fiche de l'ampli ou à déraciner et dénuder et reconnecter les fils des enceintes, alors que jusqu'hier, le bricolage et moi, ça faisait 12 et j'appelais généralement Papa à la rescousse...marrant comme un retour en arrière dans le temps m'aura servi à évoluer vers l'avant [ouaiiiis, je sais me servir de mes mains maintenant youpi chuis un grand garçon].

Et lorsque tout est fin prêt...on y va...mode PUCEAU du vinyle...aïe aïe aïe comment ça marche attends...j'en ai jamais utilisé une de platine vinyle moi...ok le bras comme ça...ok le disque part tout seul...chopper le bord du dique, la partie lisse...on lance...et là...rien ne se passe. Comme si la fille me demandait "t'es bien à l'intérieur là?".
Du souffle, un son tout faible...what the fuck? C'est pas comme ça que je comptais m'écouter Shine On You Crazy Diamond...
Non, ce n'est pas un problème d'entrées phono, mon ampli en a et de toute façon j'en ai pas besoin, la platine a un pré-ampli intégré. Une demi-heure et maints essais plus tard (un véritable Rubik's Cube de branchages de câble une fois là, après là, puis là, TA RACE), je décide d'arrêter de faire la standardiste...j'utilise le port USB.
[Ah je vous avais dit qu'on y reviendrait!]
J'eus raison de ravaler ma fierté. Parce qu'en dépit du recours à une technologie moderne, l'expérience n'en fut pas moins authentique.

Le crépitement reconnaissable entre mille du son vinyle instaure d'entrée l'ambiance...je sais pas ce qu'il y a dans ce craquèlement qui évoque d'emblée tant de chose, renvoyant tout de suite à une image, une atmosphère passée...
Je n'ai pas une oreille suffisamment entraînée et encore moins l'installation nécessaire pour pouvoir dire que le son enterre celui d'un CD ou d'un MP3 mais l'effet Placebo provoqué par ce crépitement et par l'expérience physique, la méticulosité avec laquelle il faut manier le vinyle, le poser, le lancer, achèvent de rendre cette écoute infiniment plus puissante que celle de n'importe quel CD ou DVD Audio.
A Pink Floyd succèdent Baba O'Riley, Immigrant Song, The Brothers Johnson et les Delfonics, avant que je ne termine cette première session, seul, sur Queen et l'enchaînement fabuleux de Father to Son et White Queen (As It Began).
Et au moment même où j'écris ces lignes, je souhaite moi aussi au diamant fou de ma platine de briller longtemps...



Par The Guardian of Forever
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Jeudi 6 août 2009



Août à Paris.
Période estivale qui transforme la capitale en ville-fantôme où les magasins sont fermés et les rues désertes, les humains étant partis en vacances.
Ainsi, amis et même collègues m'ont abandonné, m'ont laissé seul dans la ville, un corps mort pour des cormorans. Et entre deux sessions retardatives de Bioshock et autres journées passées au bureau à traiter des bases de données en regardant des épisodes de The Wire en loucedé, je garde Lutèce tel un Spirit du dimanche, volant sur son Vélib, des immeubles en pierre de taille aux livres de cristal de la BNF.
Ayant 26 ans cette année et réalisant que j'ai déménagé de la banlieue vers Babylone la grande il y a 13 ans, je constate avoir passé très exactement la moitié de ma courte vie en Parisien. A l'instar de la Créteil de mon enfance, c'est une véritable relation amour/haine qui me lie à mon fief, tantôt n'en supportant plus la sale gueule, tantôt (re)tombant amoureux de son architecture et de sa Tour aux allures steampunk.

Et c'est une séance absolument surréaliste l'autre soir à l'UGC Ciné Cité Bercy qui est venue illustrer à merveille cette dichotomie de mes sentiments éprouvés vis-à-vis de ce bourg qui me bourre.
Sorte de dernier bastion geek et débile représentant à la fois le meilleur et le pire du blockbuster contemporain, le G.I. Joe de Stephen Sommers se donnait en spectacle ce soir-là, lors d'une avant-première peuplée presque exclusivement non pas de geeks mais purement de nerds, visages difformes et lunettes de toutes sortes pullulant la salle 33 du multiplexe, m'amenant pour la première fois de ma vie à presque avoir HONTE d'être là.
Auditoire nullement surprenant compte tenu du produit vendu cette nuit, mais auquel les génies responsables de la programmation avaient cepandant réservé un bien effarant avant-programme.

En effet, toutes les grosses machines de l'été étant déjà sorties, et fidèle à l'incompréhensible règle franco-française consistant à ne presque jamais promouvoir un film trop longtemps à l'avance dans les salles, les patrons d'UGC ont choisi de ne pas diffuser de teasers d'oeuvres s'adressant davantage au public (Ultimate Game? District 9? Sherlock Holmes?) mais de montrer exclusivement les bandes-annonces de drames français tels que Les Derniers jours du monde, Partir, Joueuse et Les Regrets.

Allez-y. Regardez-les.

Outre l'inadéquation on ne peut plus TOTALE du genre de films mis en avant par ces quelques extraits et des spectateurs présents, la vision consécutive de ces bandes-annonces n'aurait su se faire plus édifiante, si ce n'est sur l'incroyable similitude des sujets traités par chacun de ses films, au moins sur l'irréparable incapacité des distributeurs français à vendre leurs films, portant les stigmates d'un certain type de films si facilement caricaturé.
Après trois de ces bandes-annonces, on avait déjà l'impression de voir toujours le même film, sensation accentuée par la réapparaition des mêmes acteurs de bande-annonce en bande-annonce (Yvan Attal et Sergi Lopez x 2) mais la projection de la quatrième porta l'effet à son paroxysme de manière presque expérimentale.
Une erreur de manipulation de la part du projectionniste et la bande-annonce de Les Regrets se retrouva projetée à l'envers. Haut et bas furent inversés, début et fin également, et le son défilait à rebours. Mais par un (mal)heureux hasard, une magie insoupçonnée opéra et, succédant à déjà trois histoires similaires, cette quatrième en absorba le sens, tel un effet Koulechov bizarroïde.
C'était génial. Même à l'envers, avec une narration allant dans le mauvais sens, des acteurs la tête en bas et des dialogues incompréhensibles, on avait UNE NOUVELLE FOIS l'impression de voir encore, et toujours, le même film.

Nos sièges étaient situés en plein sitcom, entre un rang de jeunes blacks venus en bande charriant à tout-va et une floppée d'asociaux échappés d'un hypothétique club d'échecs, et ce contexte n'en finissait pas de rendre le tout encore plus cocasse, révélant l'aspect quasi-parodique de l'ensemble.
Après un dernier tour aux frontières du réel, avec la bande-annonce de Neuilly sa mère!, les lumières s'étinrent et G.I. Joe commença. Au coeur de ce pastiche de James Bond et autres super-héros, une monumentale séquence d'action se déroulant dans la Ville-Lumière. Outre quelques plans tournés à Prague, on reconnaît les rues de la capitale et sa belle Tour sacrifiée, et une fois de plus le constat s'impose : ils font compter sur les étrangers pour venir utiliser notre territoire comme terrain de jeux.
Outre Le Boulet, quel film français récent a su exploiter Paris dans une scène d'action?
Les poursuites en voiture sont celle de Ronin ou de The Bourne Identity. Et même par le passé, quand la Tour Eiffel a été le lieu de morceaux de bravoure, c'est dans des films tels que Superman II, Dangereusement votre ou Rush Hour 3. Putain que de la merde en plus.
Est-ce si difficile de réussir ne serait-ce qu'un combat au milieu du métal dessiné par Gustave, comme le faisait au Japon le climax de Cowboy Bebop?

Si l'on en croit ce court métrage, c'est à la nouvelle génération d'assurer la relève.
On va essayer. Casser Paris n'est pas le privilège de Roland Emmerich.
Moi aussi j'ai envie de la sublimer ma ville.




Par The Guardian of Forever
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